Les ENT ou “le monde en bouteille”

18 nov

Save Our Souls (39/52)

Passionnants billets sur “L’école de demain” au sujet des ENT. Le numérique arrive en force cette année, vague encore recommencée, gros rouleau spectaculaire impulsé par les politiques et grossi  de la multitude d’entreprises de e-learning qui attendent la manne de l’éducation. C’est davantage par le matraquage médiatique, les grands discours messianiques que par les usages ou les retours d’expérience que l’on entend parler des outils numériques en classe.

Peu importe, il y a encore de la place pour les analyses mesurées et c’est ici le cas avec deux entretiens, l’un avec Jean François Cerisier, l’autre avec Bruno Devauchelle.

Les ENT reproduisent les structures, les fonctionnalités et les services de la vie scolaire sans remettre en question les usages pédagogiques traditionnels  et Jean-François Cerisier se demande, avec toutes les précautions utiles pour ce genre d’analyse, si on ne fait pas que “projeter dans les réseaux numériques la forme scolaire pour faire perdurer l’école telle qu’elle est “.

Bruno Devauchelle pointe quant à lui le danger qu’il y aurait pour les enseignants à se servir des outils numériques désignés officiellement comme d”‘intérêt pédagogique” avec le sentiment que ces outils leur permettraient “d’acquérir plus de légitimité et d’autorité”.

Il y a un an,  Christophe Batier et Mario Asselin  dans les causeries  “Spirale” s’abandonnaient à une conversation informelle réjouissante dans un gros pouf orange http://dai.ly/cYEsiw

“On est en train de construire de grands machins qui servent à rien, sans concertation” dit Christophe Batier.
“Ce qui me fascine, c’est que dans un environnement d’abondance de connaissances, on pense qu’en étant dans un espace fermé, on va restreindre pour être sécurisé, c’est-à-dire pour pouvoir contrôler les échanges” ajoute Mario Asselin.

Lors des causeries de Ludovia en 2011, on retrouve les mêmes, et Mario Asselin poursuit : “Les ENT sont sur le point de se faire larguer, dans les conversations, pas dans les statistiques pas dans la somme d’agent qu’on y investit c’est faramineux mais il va y avoir une évaluation parce que dans les cahiers des charges de 2012, tout doit être renouvelé alors j’imagine qu’il y a de la tension dans l’air…”

Le monde en bouteille *, ça coûte cher, très cher !

*Expression de Caroline Jouneau-Sion, présidente d’e-l@b.

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Le fric, le flouze, la thune, le pognon !

15 nov

Ce billet de novembre juste pour m’adresser à quelques enseignants ou étudiants qui viendraient chercher une ou deux trouvailles : en voici une qu’il reste à didactiser bien entendu, une ressource brute : une série de petite vidéos autour du thème de l’argent pour les étudiants : logement,  travail, santé, coût de la vie.

Il fournit un grand nombre de témoignages audio ou vidéos pour la compréhension orale et la connaissance des contextes culturels.

N’hésitez pas à naviguer d’un écran à l’autre en suivant les flèches.

Voila qui nous sort un peu des dossiers du CNOUS !

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Donner accès aux gens hors de la classe

25 sept

Source : http://illusion.scene360.com/design/10881/everything-ages-fast-facebook-youtube-twitter-and-skype/

Imperceptiblement les murs de la classe qui nous empêchaient de parler avec des gens qui utilisent la langue que l’on apprend s’effondrent et on se demande pourquoi continuer ainsi à organiser tant d’activités  sur des documents construits de toute pièce, faux, inauthentiques et ennuyeux. Pourquoi faire semblant de poser des questions à ceux qui pourraient y répondre alors que l’on peut très facilement aujourd’hui s’adresser à eux par le téléphone, par skype ou par un message écrit pour peu qu’un intermédiaire ait pris la peine de nous mettre en relation ?

Les profs doivent se faire un peu plus entremetteurs, c’est une évidence. Si on ne veut pas de ce terme un peu trop” galant” qui fait penser à Meetic, on peut parler d’intermédiaire, de médiateur, d’intercesseur, de pourvoyeur. Un prof doit pouvoir fournir un carnet d’adresses dont on se sert. Son art est de faire naître une infinité de questions dont il sait qu’elle trouveront des réponses dans un réseau d’”experts”, tous experts en langue maternelle bien entendu. Son travail est donc de préparer les étudiants aux techniques d’entretien bien sûr, mais aussi  de solliciter à l’avance les gens susceptibles d’accorder un peu de temps à des étudiants étrangers.

Dans le cours de langues, on peut ainsi faire  des enquêtes  de terrain aussi réelles que si elles étaient réalisées sur la place de marché ou dans la rue et ce, dès les niveaux A2 B1  : sur les forums qui sont nombreux, sur Yahoo questions, sur Facebook, sur les blogs en déposant des commentaires questions, sur Twitter, et oralement, par téléphone en gardant la trace de nos conversations.

Les freins techniques à la réalisation d’entretiens avec des natifs sont de plus en plus minces et les outils au point. Vous trouverez sur le blog du prof Geek un billet très récent qui  explique de façon très simple comment  Réaliser une interview téléphonique et la publier.

Attention, n’oubliez pas de vous mettre en règle avec les autorisations de diffusion des paroles de la personne qui sera interrogée : un  simple échange par courriel est une preuve légale suffisante.

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Les chipoteurs

29 août

Le phénomène du retour de balancier est classique, lorsque qu’on a épuisé les ressources et les efforts d’un côté on repart dans l’autre sens. Les avancées se font ainsi, ou si l’on est moins optimiste on peut parler simplement de variation des processus, lorsqu’un cycle est achevé, un autre recommence… Dans les technologies en relation avec l’enseignement et l’apprentissage, dans le e-learning, dans les jeux sérieux, on en est peut-être là : le temps est venu de s’interroger vraiment sur les usages et de les évaluer.

Ainsi, Serge Pouts-Lajus commente-t-il le billet du blog  de au sujet d’une expérimentation qu’elle a conduite avec sa classe de collège avec un jeu vidéo, Assassin’s Creed II, pour préparer un cours sur la Renaissance. Cette séance, bien préparée a rencontré de nombreux problèmes, qu’elle expose et cherche à comprendre.

Notre époque a évidemment besoin de formes pédagogiques nouvelles et on ne va donc pas chipoter, il ne faut pas décourager les innovateurs qui se bougent. De ce point de vue, la démarche est respectable.Il faut quand même chipoter un peu. Sinon, on va basculer dans le délire“.

Oui, un minimum d’esprit critique s’impose aujourd’hui pour discerner entre les promesses et les discours enchantés des journalistes spécialisés, des blogueurs forcément liés avec quelques marques de sociétés californiennes ou leur homologues en Europe ou en Asie, les sociétés de produits en ligne, très présentes sur les réseaux sociaux  et… les réalités de  terrain qui sont extrêmement timides en matière d’usages.

S’il faut sélectionner, trier des lectures sur les TICE, il faudrait privilégier celles qui mettent en avant les leçons des expériences, sans vouloir gommer les échecs, les impasses, les difficultés rencontrées et oublier un peu celles qui offrent des exemples de pratiques à la limite du discours publicitaire, où les apprenants enthousiastes plébiscitent des dispositifs en ligne, créent avec entrain à l’aide d’outils collaboratifs formidables et où les profs  sont de super leaders charismatiques …

Quand on voit la fièvre des  TBI des tablettes numériques et des réseaux sociaux à toutes les sauces s’emparer de tous les prescripteurs, on se dit que forcément, le balancier va repartir de l’autre côté… et que l’on a intérêt à garder une approche attentive des réalités. Et les réalités, ce sont malgré tout des usages assez rares d’internet en classe, un temps compté pour les heures de langues un peu partout qui fait que l’on hésite à l’investir pour sa formation professionnelle, un goût du risque mesuré dans ce secteur très précaire qui est le FLE, et des usages des outils par les élèves et les étudiants qui sont bien loin du mythe des “digital natives”.

Parler de révolution des savoirs à partir de quelques innovateurs que les médias cajolent, c’est un peu court… Sentir, croire, avoir la conviction que les outils numériques peuvent être une chance d’ouverture de l’école, de l’université, au partage de la connaissance, une chance pour la construction de compétences plus en phase avec un monde qui change, cela se vit et s’expérimente et ne peut nullement devenir un poncif que l’on répète parce que le vent a tourné et qu’il faut nécessairement s’adapter, et passer un C2i.

Un article de 2004 de Serge Pouts-Lajus qui déjà posait le problème : des technologies éducatives et de leurs gourous

Mais chut, je vais me faire taxer de chipoteuse…

Se rebrancher

17 août

De retour de vacances, reprendre le travail après s’être vidé la tête,  ouvrir son ordinateur et rentrer doucement dans le cœur de son activité.  Ce serait comme :

- Entrer dans l’eau en s’assurant que l’on garde pied, que l’on voit bien l’autre rive,

- Brancher des capteurs sur son corps en commençant par le bout du doigt, l’épaule, pour ne pas risquer le survoltage,

- ouvrir la boite aux lettres avec la main droite pendant que la gauche se tient prête à recueillir quelques jolies cartes postales.. et un amoncellement de brochures et de factures,

- Choisir de ne regarder dans sa maison retrouvée que les bons coins lumineux sauvegardés du désordre, de l’entassement des choses, là où le regard se repose encore, où il ne détecte pas l’activité à venir.

La vieille pédagogique est, sinon un sport de combat, du moins  une activité de vigilance quotidienne. Partir à la pêche à l’information dont on pourra nourrir un billet, se balader de pages en pages à la recherche de bonnes idées, de pratiques originales, de projets innovants n’est pas que l’exercice d’une curiosité naturelle, c’est aussi un travail avec ses outils, ses techniques, ses méthodes qui sont sensés nous aider à ne pas perdre notre chemin dans le flot de blogs, de sites, de liens.

Les bons outils épousent nos désirs quand on les connait bien, ils nous aident, remplacent parfois certaines fonctions cognitives que l’on ne sait plus utiliser comme la mémoire. Quand on s’en prive, pour mettre entre parenthèse les relations incessantes avec le monde qu’ils permettent, cela fait un bien fou d’une part, et cela nous renseigne aussi sur leur intérêt, leurs limites.

Pour renouer progressivement avec les liens que j’ai établis avec mon milieu professionnel, avec mes centres d’intérêt, avec les gens que j’apprécie, j’ai intuitivement choisi certains outils et pas d’autres :

- Ainsi avant d’ouvrir Facebook j’ai consulté deux ou trois blogs que j’aime particulièrement, celui de Bruno Devauchelle Veille et analyse TICE, celui de Rémi Thibert, TIC, éducation, langues vivantes et compagnie

- J’ai lu et admiré les photos des splendides et solitaires Carnets Web de la Lagrange, travail d’écriture et de réflexion sur les outils, sur le code et notre liberté à préserver dans ces nouveaux contextes de connaissance.

- J’ai consulté avec parcimonie tous les fils RSS qui restent encore bien endormis en ce creux de juillet

- Et puis en me promenant dans les petits sentiers que je me suis faits au fil des années j’ai rencontré ce billet sur les Français, de la plume d’un journaliste québécois ( La Presse) dont j’apprécie  le franc-parler, Pierre Foglia. L’article s’appelle: Les Français sont ceci cela. Un portrait à la fois féroce et plein d’amour pour cette France qu’il a suivie sur le Tour de France en juillet.
Des formules lapidaires : “On a coutume de dire que le Français ne s’aime pas. C’est faux. Le Français n’aime pas les autres Français.”
- Des remarques tout à fait perspicaces sur la langue française : “Les Français ne s’anglicisent pas, c’est très différent, ils colonisent des mots anglais. La structure de la langue n’en est pas du tout altérée (tout le contraire de chez nous où on francise hystériquement dans un moule anglais).”
- Et un très bel hommage qui a touché mon identité française : “Mais il y a un truc qu’on ne dit jamais sur les Français et qui est mille fois plus vrai que tout ce que je viens de dire: les Français sont formidablement gentils. Et je crois savoir pourquoi: parce que la France est formidablement belle et qu’ils portent en eux cette beauté là. Les paysages nous définissent plus qu’on le pense“.

Et seulement à la fin, à petite dose,  j’ai pointé mon nez dans les réseaux sociaux, Viadeo, Linkedin, et autres. J’ai vaguement parcouru le flot de “posts” dans les groupes, disant  : “j’aime ceci, j’adore cela, regardez ça c’est magnifique, c’est intéressant”. J’ai ouvert twitter, puis je l’ai refermé.

Et j’ai ressenti que j’avais besoin, pour me construire un angle de reprise, un propos, une direction, d’une  profondeur de perspectives que les conversations des réseaux sociaux perturbent plus qu’elle ne l’aident.

 

Vous prendrez bien encore un peu de Camel-bear ?

27 juil

Eh oui, la culture française n’est pas à son “top”, il faut bien se rendre à l’évidence…
A New-York, cette ville si cosmopolite, si branchée, on a beau ouvrir des écoles chics pour apprendre le français aux enfants, il y a encore des Américains qui hésitent à citer Paris comme capitale de la France, qui n’ont pas entendu parler de révolution française et à qui il faut expliquer ce qu’est le Camenbert : Comment les Américains voient-ils la France ?

Pff, on est si peu de choses… En 1953, lorsque pour la première fois le grand photographe Brassaï s’ést décidé à franchir l’Atlantique, il a saisi dans l’une de ses promenades new-yorkaises cette improbable rencontre entre une belle et fière plante locale et … un petit héros national.

Exposition Brassaï à Montpellier, été 2011

Des idées fraiches en bout de course

11 juil

Evitons les surchauffes et les “prises de tête”, et tapons 241543903 dans notre moteur de recherche préféré.

Cela donne ceci :

Le message suivant a été posté sur internet il y a presque deux ans par David Horvitz, un artiste américain, et voila qu’il nous arrive au cœur de l’été :

Prenez une photo de votre tête dans le congélateur, puis mettez la sur Internet en la nommant 241543903. Toute personne tapant cette suite de chiffre dans un moteur de recherche tombera automatiquement sur des photos de gens la tête dans le congélateur.

Je viens de le découvrir au festival de photographie d’Arles où le milieu artistique consacré s’interroge (enfin !) sur l’influence du numérique sur le métier.
Non conforme

Il y aurait beaucoup à dire sur l’institutionnalisation des pratiques créatives des amateurs, mais attention ça chauffe…

 

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