La distance est-elle vraiment si importante ?

6 Fév

Dans un billet récent sur le blog collectif Culture visuelle, Alain François évoque ce qu’il appelle un « malentendu » : la confusion que font la plupart des gens entre le médiatique, le numérique et l’informatique. Ainsi, lui arrive-t-il depuis longtemps d’être qualifié d’informaticien parce qu’il a  écrit sur les arts numériques ou sur la littérature numérique. Il rappelle à juste titre qu’il  s’intéresse à l’art et à la littérature, que c’est même le cœur de sa formation et que la part numérique est juste une déclinaison actuelle de ses passions.

Pour nous qui nous intéressons aux outils numériques en pédagogie, c’est exactement la même chose : combien de fois ai-je dû préciser que je n’étais absolument pas informaticienne, que la question des TICE ne se cantonnait pas aux outils, combien de fois ai-je continué à entendre parler de salles « informatiques » pour des salles équipées d’ordinateurs ?

Est-ce qu’on commencera un jour à se rendre compte dans les institutions que la question pour une pédagogie n’est plus d’être numérique ou pas, pour une formation d’être à distance ou pas, que nous sommes entrés de fait dans une culture où les outils numériques  imprègnent tous les usages ?

L’idée même d’un enseignement spécifique des TICE est contestable : elles doivent être « embedded », ou intégrées. Comme je le disais dans un billet récent de THOT au sujet des formateurs en Angleterre qui ont une expérience beaucoup plus avancée en la matière :  » Si on interroge les formateurs et le tuteurs sur ce que signifie « être bon en TICE », la plupart répondent en termes d’attitude, c’est à dire en termes de dispositions, d’ouverture, d’esprit d’expérimentation et par dessus tout, en terme de jugement.  »

Etre bon en TICE, c’est entrer dans cette attitude de familiarité avec les technologies, mais c’est aussi faire preuve de bon sens et de recul critique vis à vis de toutes les « nouveautés » techniques  présentées comme des avancées pédagogiques.

Ceci ne pourrait être qu’anecdotique si ce malentendu ne se répandait à la faveur de cette mode du « e-learning », des formations mixtes, des outils Web 2.0 et n’atteignait tous les secteurs de l’éducation, toutes les disciplines qui par la magie d’un « e » et d’un outil sont sensés transfigurer les relations pédagogiques, et rendre l’apprentissage ludique, convivial et efficace.

Dira-t-on enfin que ce qui nous intéresse, c’est le réel de la relation pédagogique, des interactions vivantes qui toujours résiste aux raccourcis ?

Le cœur du malentendu
http://culturevisuelle.org/detresse/archives/681

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