Echapper à la fatigue d’être soi

10 Fév

Nos nouveaux intellectuels du net adorent les concepts à consonance étrangère : « bonding » et « bridging » viennent d’apparaître, par la bouche autorisée d’Antonio Casilli, chercheur au Centre Edgar Morin de l’EHESS.
Le web 2.0 a introduit de nouvelles sociabilités : grâce à Facebook entre autres, on resserre les liens existants avec les amis proches et la famille (le bonding), prétend-il, et on crée des passerelles avec des gens éloignés, avec des milieux sociaux différents (bridging).

Il présente cette nouvelle identité numérique, que l’on peut changer à sa guise, plus sociale que jamais, comme une réponse à l’injonction angoissante de nos sociétés à être soi. Mais a t-on vraiment tant de liberté à être un autre sur internet, alors même que toutes les données que l’on laisse derrière soi nous referment sur une identité facilement traçable ? Tous les profils remplis ici ou là sur les réseaux professionnels et les plates-formes de partage recomposent une identité qui est finalement assez normative, et beaucoup plus précise qu’elle ne l’était au temps où Jean-Jacques Rousseau disait :  » Notre vrai moi n’est pas tout à fait en nous ».

Quant au « bridging », il n’est pas sûr que de nouvelles sociabilités soient à l’oeuvre avec les réseaux et qu’on ne soit pas dans la croyance la plus naïve en une mixité des cultures. Les déterminismes sociaux ont la vie plus dure qu’on ne le prétend, avec ou sans avatars.

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