Se rebrancher

17 Août

De retour de vacances, reprendre le travail après s’être vidé la tête,  ouvrir son ordinateur et rentrer doucement dans le cœur de son activité.  Ce serait comme :

– Entrer dans l’eau en s’assurant que l’on garde pied, que l’on voit bien l’autre rive,

– Brancher des capteurs sur son corps en commençant par le bout du doigt, l’épaule, pour ne pas risquer le survoltage,

– ouvrir la boite aux lettres avec la main droite pendant que la gauche se tient prête à recueillir quelques jolies cartes postales.. et un amoncellement de brochures et de factures,

– Choisir de ne regarder dans sa maison retrouvée que les bons coins lumineux sauvegardés du désordre, de l’entassement des choses, là où le regard se repose encore, où il ne détecte pas l’activité à venir.

La vieille pédagogique est, sinon un sport de combat, du moins  une activité de vigilance quotidienne. Partir à la pêche à l’information dont on pourra nourrir un billet, se balader de pages en pages à la recherche de bonnes idées, de pratiques originales, de projets innovants n’est pas que l’exercice d’une curiosité naturelle, c’est aussi un travail avec ses outils, ses techniques, ses méthodes qui sont sensés nous aider à ne pas perdre notre chemin dans le flot de blogs, de sites, de liens.

Les bons outils épousent nos désirs quand on les connait bien, ils nous aident, remplacent parfois certaines fonctions cognitives que l’on ne sait plus utiliser comme la mémoire. Quand on s’en prive, pour mettre entre parenthèse les relations incessantes avec le monde qu’ils permettent, cela fait un bien fou d’une part, et cela nous renseigne aussi sur leur intérêt, leurs limites.

Pour renouer progressivement avec les liens que j’ai établis avec mon milieu professionnel, avec mes centres d’intérêt, avec les gens que j’apprécie, j’ai intuitivement choisi certains outils et pas d’autres :

– Ainsi avant d’ouvrir Facebook j’ai consulté deux ou trois blogs que j’aime particulièrement, celui de Bruno Devauchelle Veille et analyse TICE, celui de Rémi Thibert, TIC, éducation, langues vivantes et compagnie

– J’ai lu et admiré les photos des splendides et solitaires Carnets Web de la Lagrange, travail d’écriture et de réflexion sur les outils, sur le code et notre liberté à préserver dans ces nouveaux contextes de connaissance.

– J’ai consulté avec parcimonie tous les fils RSS qui restent encore bien endormis en ce creux de juillet

– Et puis en me promenant dans les petits sentiers que je me suis faits au fil des années j’ai rencontré ce billet sur les Français, de la plume d’un journaliste québécois ( La Presse) dont j’apprécie  le franc-parler, Pierre Foglia. L’article s’appelle: Les Français sont ceci cela. Un portrait à la fois féroce et plein d’amour pour cette France qu’il a suivie sur le Tour de France en juillet.
Des formules lapidaires : « On a coutume de dire que le Français ne s’aime pas. C’est faux. Le Français n’aime pas les autres Français. »
– Des remarques tout à fait perspicaces sur la langue française : « Les Français ne s’anglicisent pas, c’est très différent, ils colonisent des mots anglais. La structure de la langue n’en est pas du tout altérée (tout le contraire de chez nous où on francise hystériquement dans un moule anglais). »
– Et un très bel hommage qui a touché mon identité française : « Mais il y a un truc qu’on ne dit jamais sur les Français et qui est mille fois plus vrai que tout ce que je viens de dire: les Français sont formidablement gentils. Et je crois savoir pourquoi: parce que la France est formidablement belle et qu’ils portent en eux cette beauté là. Les paysages nous définissent plus qu’on le pense« .

Et seulement à la fin, à petite dose,  j’ai pointé mon nez dans les réseaux sociaux, Viadeo, Linkedin, et autres. J’ai vaguement parcouru le flot de « posts » dans les groupes, disant  : « j’aime ceci, j’adore cela, regardez ça c’est magnifique, c’est intéressant ». J’ai ouvert twitter, puis je l’ai refermé.

Et j’ai ressenti que j’avais besoin, pour me construire un angle de reprise, un propos, une direction, d’une  profondeur de perspectives que les conversations des réseaux sociaux perturbent plus qu’elle ne l’aident.

 

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