Les chipoteurs

29 Août

Le phénomène du retour de balancier est classique, lorsque qu’on a épuisé les ressources et les efforts d’un côté on repart dans l’autre sens. Les avancées se font ainsi, ou si l’on est moins optimiste on peut parler simplement de variation des processus, lorsqu’un cycle est achevé, un autre recommence… Dans les technologies en relation avec l’enseignement et l’apprentissage, dans le e-learning, dans les jeux sérieux, on en est peut-être là : le temps est venu de s’interroger vraiment sur les usages et de les évaluer.

Ainsi, Serge Pouts-Lajus commente-t-il le billet du blog  de au sujet d’une expérimentation qu’elle a conduite avec sa classe de collège avec un jeu vidéo, Assassin’s Creed II, pour préparer un cours sur la Renaissance. Cette séance, bien préparée a rencontré de nombreux problèmes, qu’elle expose et cherche à comprendre.

« Notre époque a évidemment besoin de formes pédagogiques nouvelles et on ne va donc pas chipoter, il ne faut pas décourager les innovateurs qui se bougent. De ce point de vue, la démarche est respectable.Il faut quand même chipoter un peu. Sinon, on va basculer dans le délire« .

Oui, un minimum d’esprit critique s’impose aujourd’hui pour discerner entre les promesses et les discours enchantés des journalistes spécialisés, des blogueurs forcément liés avec quelques marques de sociétés californiennes ou leur homologues en Europe ou en Asie, les sociétés de produits en ligne, très présentes sur les réseaux sociaux  et… les réalités de  terrain qui sont extrêmement timides en matière d’usages.

S’il faut sélectionner, trier des lectures sur les TICE, il faudrait privilégier celles qui mettent en avant les leçons des expériences, sans vouloir gommer les échecs, les impasses, les difficultés rencontrées et oublier un peu celles qui offrent des exemples de pratiques à la limite du discours publicitaire, où les apprenants enthousiastes plébiscitent des dispositifs en ligne, créent avec entrain à l’aide d’outils collaboratifs formidables et où les profs  sont de super leaders charismatiques …

Quand on voit la fièvre des  TBI des tablettes numériques et des réseaux sociaux à toutes les sauces s’emparer de tous les prescripteurs, on se dit que forcément, le balancier va repartir de l’autre côté… et que l’on a intérêt à garder une approche attentive des réalités. Et les réalités, ce sont malgré tout des usages assez rares d’internet en classe, un temps compté pour les heures de langues un peu partout qui fait que l’on hésite à l’investir pour sa formation professionnelle, un goût du risque mesuré dans ce secteur très précaire qui est le FLE, et des usages des outils par les élèves et les étudiants qui sont bien loin du mythe des « digital natives ».

Parler de révolution des savoirs à partir de quelques innovateurs que les médias cajolent, c’est un peu court… Sentir, croire, avoir la conviction que les outils numériques peuvent être une chance d’ouverture de l’école, de l’université, au partage de la connaissance, une chance pour la construction de compétences plus en phase avec un monde qui change, cela se vit et s’expérimente et ne peut nullement devenir un poncif que l’on répète parce que le vent a tourné et qu’il faut nécessairement s’adapter, et passer un C2i.

Un article de 2004 de Serge Pouts-Lajus qui déjà posait le problème : des technologies éducatives et de leurs gourous

Mais chut, je vais me faire taxer de chipoteuse…

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