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Compétences et savoirs en langues

5 Mar

On pensait le débat ancien : eh bien non ! En France la vieille querelle entre compétences et savoirs n’est pas morte. François DUBET, sociologue de l’Education, parle des langues dans ce cours extrait :

« Les compétences c’est pour les mauvais éleves, les savoirs c’est pour les bons ! »

Pour voir l’entretien en entier :

 

Circulaire Guéant : minable petit calcul politique et graves conséquences (2)

21 Fév

Libération vient de publier le mardi 21 février une enquête qui dresse un état des lieux à travers cinq exemples : Et ailleurs, comment sont accueillis les étudiants étrangers ?

La France partage le même aveuglement que le Royaume-Uni et ferme ses portes tandis que l’Allemagne simplifie ses procédures d’accueil.

«En période de compétition mondiale pour les talents, nous voulons garder toujours plus les diplômés qui ont suivi leur formation en Allemagne» affirme la ministre de l’Enseignement et de la Recherche, Annette Schavan.

Circulaire Guéant : minable petit calcul politique et graves conséquences

16 Fév

« Je t’aime moi non plus« , c’est le nom de ce web documentaire simple et éloquent.

Il est parfois des aspects de la France que l’on ne peut cacher à nos étudiants, surtout lorsqu’ils les concernent.

« La France est une démocratie pour les Français , pas pour les étrangers »,  c’est ce que dit  Ian,  Américain, installé en France depuis presque huit ans. En quatrième année de thèse à l’université Paris Dauphine, il a été touché par la circulaire.
Tu,  Vietnamienne s’est vu refuser son titre de séjour malgré une promesse d’embauche d’une entreprise parisienne. Zineb, Marocaine a décroché un CDI dans une entreprise d’audit : sa carte de séjour n’a pas été renouvelée. Elle a choisi de se battre.

César, Vénézualien, major de promotion dans une grande école  : « Je découvre le côté sombre de ce pays « .

Comme le dit Caroline Fourest :  ‘Ce n’est pas l’avenir de ces jeunes qui m’inquiète, c’est l’avenir de la France si elle n’est pas capable de garder des gens comme César.

La chance de l’erreur

18 Jan

Mon premier article 2012 sur le blog du cartable connecté est un discours d’adieu, celui d’André Giordan, professeur de didactique et épistémologie des sciences à l’université de Genève, qui revient sur ses 30 ans d’enseignement et de recherche, avec un très beau texte que tous les jeunes profs de FLE, et les jeunes profs en général devraient lire. André Giordan a toujours pensé à sa façon, et il continue ici, en prenant le contre pied du discours de remerciement traditionnel de « départ à la retraite ». Au lieu de rendre hommage et de s’étendre en gratitude obligée, il va parler d’échec, et paradoxalement donner une forte impression de force et de réussite.

Il évoque ainsi trois domaines où il a échoué : il  n’a pas réussi à faire bouger la pédagogie universitaire, il n’a pas réussi non plus à faire évoluer l’école, ni à partager ses idées en Europe.

C’est le premier point qui m’a le plus touchée : « La pédagogie universitaire, même en Sciences de l’éducation à Genève, dans cette Mecque de l’éducation, n’est pas à la pointe. Elle reste un  » peu-pensé « . Une des principales raisons est qu’elle n’est en aucun cas une priorité de la vie universitaire. Disons schématiquement pour ceux qui ne connaissent pas ce métier qu’elle demeure un sous-produit des enjeux, disons plutôt des territoires de la recherche. »

Ceux qui connaissent l »université apprécieront : la pédagogie comme un « sous-produit des territoires de la recherche ».  Le portrait qu’il fait de ses tentatives pour susciter l’innovation, avec quelques uns de ses collègues leur rappellera sans doute beaucoup de choses. Son constat est assez sombre : « Les étudiants perdent progressivement le goût pour le savoir ; la curiosité, le plaisir de la découverte et la spéculation s’étiolent ».

En revenant ce ce qu’il n’a pas pu réaliser, il donne cependant tant de pistes, de voies pour l’avenir.

Il faut lire Giordan, il faut être beaucoup à le lire pour regarder la situation en face et se dire que décidément, cela ne peut plus durer, et que des solutions existent !
http://www.pedagopsy.eu/giordan2.htm

Les ENT ou « le monde en bouteille »

18 Nov

Save Our Souls (39/52)

Passionnants billets sur « L’école de demain » au sujet des ENT. Le numérique arrive en force cette année, vague encore recommencée, gros rouleau spectaculaire impulsé par les politiques et grossi  de la multitude d’entreprises de e-learning qui attendent la manne de l’éducation. C’est davantage par le matraquage médiatique, les grands discours messianiques que par les usages ou les retours d’expérience que l’on entend parler des outils numériques en classe.

Peu importe, il y a encore de la place pour les analyses mesurées et c’est ici le cas avec deux entretiens, l’un avec Jean François Cerisier, l’autre avec Bruno Devauchelle.

Les ENT reproduisent les structures, les fonctionnalités et les services de la vie scolaire sans remettre en question les usages pédagogiques traditionnels  et Jean-François Cerisier se demande, avec toutes les précautions utiles pour ce genre d’analyse, si on ne fait pas que « projeter dans les réseaux numériques la forme scolaire pour faire perdurer l’école telle qu’elle est « .

Bruno Devauchelle pointe quant à lui le danger qu’il y aurait pour les enseignants à se servir des outils numériques désignés officiellement comme d »‘intérêt pédagogique » avec le sentiment que ces outils leur permettraient « d’acquérir plus de légitimité et d’autorité ».

Il y a un an,  Christophe Batier et Mario Asselin  dans les causeries  « Spirale » s’abandonnaient à une conversation informelle réjouissante dans un gros pouf orange http://dai.ly/cYEsiw

« On est en train de construire de grands machins qui servent à rien, sans concertation » dit Christophe Batier.
« Ce qui me fascine, c’est que dans un environnement d’abondance de connaissances, on pense qu’en étant dans un espace fermé, on va restreindre pour être sécurisé, c’est-à-dire pour pouvoir contrôler les échanges » ajoute Mario Asselin.

Lors des causeries de Ludovia en 2011, on retrouve les mêmes, et Mario Asselin poursuit : « Les ENT sont sur le point de se faire larguer, dans les conversations, pas dans les statistiques pas dans la somme d’agent qu’on y investit c’est faramineux mais il va y avoir une évaluation parce que dans les cahiers des charges de 2012, tout doit être renouvelé alors j’imagine qu’il y a de la tension dans l’air… »

Le monde en bouteille *, ça coûte cher, très cher !

*Expression de Caroline Jouneau-Sion, présidente d’e-l@b.